Читать онлайн "Poésies diverses" автора Вийон Франсуа - RuLit - Страница 4

 
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Par justice. Toutefois, vous savez

Que tous hommes n'ont pas le sens rassiz;

Excusez nous, puis que sommes transsis,

Envers le filz de la Vierge Marie,

Que sa grâce ne soit pour nous tarie,

Nous préservant de l'infernale fouldre

Nous sommes mors, ame ne nous harie;

Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

La pluye nous a débuez et lavez,

Et le soleil desséchez et noirciz:

Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez

Et arraché la barbe et les sourciz.

Jamais nul temps nous ne sommes assis;

Puis ca, puis là, comme le vent varie,

A son plaisir sans cesser nous charie,

Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.

Ne soyez donc de nostre confrarie;

Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Prince Jhésus, qui sur tous a maistrie,

Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie:

A luy n'avons que faire ne que souldre.

Hommes, icy n'a point de mocquerie;

M ais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Louenge à la court

Tous mes cinq sens, yeulx, oreilles et bouche,

Le nez et vous, le sensitif, aussi,

Tous mes membres, ou il y a reprouche,

En son endroit ung chacun die ainsi:

«Souvraine Court par qui sommes icy,

Vous nous avez gardé de desconfire;

Or la langue seule ne peut suffire

A vous rendre suffisantes louenges,

Si parlons tous, fille du souvrain Sire,

Mere des bons et seur des benoitz anges.»

Cueur, fendés vous ou percez d'une broche

Et ne soiez au moins, plus endurcy

Qu'au desert fut la forte bise roche

Dont le peuple des Juifz fut adulcy;

Fondez lermes et venez a mercy

Com humble cueur qui tendrement souspire;

Louez la Court conjointe au saint empire,

L'heur des François, le confort des estranges,

Procree lassus au ciel empire,

Mere des bons et seur des benoistz anges.

Et vous, mes dens, chacune si s'escloche,

Saillez avant, rendez toutes mercy

Plus haultement qu'orgue, trompe, ne cloche,

Et de mascher n'ayés ores soussi;

Considerez que je feusse transi,

Foye, polmon et rate, qui respire;

Et vous, mon corps, ou vil estes et pire

Qu'ours, ne pourcel qui fait son nic es fanges,

Louez la Court, devant qu'il vous empire,

Mere des bons et seur des benoistz anges.

Prince, trois jours ne vueillez m'escondire

Pour moy pourvoir et aux miens adieu dire;

Sans eulx argent je n'ay, icy n'aulx changes.

Court triumphant, fiat, sans me desdire,

M ere des bons et seur des benoistz anges.

Question au clerc du guichet

[Ballade de l'appel]

Que dictes vous de mon appel,

Garnier, fis je sens ou folie?

Toute beste garde sa peclass="underline"

Qui la contraint, efforce ou lie,

S'elle peult, elle se deslie.

Quant dont, par plaisir voluntaire

Chanté me fut ceste omelie,

Estoit il lors temps de moy taire?

Se fusse des hoirs Hue Capel

Qui fut extrait de boucherie,

On ne m'eust parmy ce drapel

Fait boire en cest escorcherie

– Vous entendez bien joncherie -.

Mais quant ceste paine arbitraire

On me juga par tricherie,

Estoit il lors temps de moy taire?

Cuydiés vous que soubz mon capel

N'eust autant de philosophie

Comme de dire «J'en appel»?

Si avoit, je vous certifie

– Combien que point trop ne m'y fie -

Quant dit me fut, present notaire,

«Pendu serrés», je vous affie,

Estoit il lors temps de moy taire?

Prince, se j'eusse eu la pepie,

Pieçà fussë ou est Clotaire:

Aux champs debout comme une espie…

Estoit il lors temps de moy taire?

     

 

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