the Due d'Enghien at supper with t�e celebrated actress MlleGeorges.
Again, old Prince Bolkonsky's habit of shifting his bed from one room
to another is probably taken from a story which Maistre tells about
the similar habit of Count Stroganov. Finally the name of Maistre
occurs in the novel itself, as being a01ong those who agree that it
would be embarrassing and senseless to capture the more eminent
princes and marshals of Napoleon's army, since this would merely
create diplomatic difficulties. Zhikharev, whose memoirs Tolstoy is
know11 to have used, met Maistre in 1 807, and described him in
glowing colours;1 something of the atmosphere to be found in these
memoirs enters into Tolstoy's description of the eminent �migr� in
Anna Pavlovna Scherer's drawing-room, with which War and Peau
opens, and his other references to fashionable Petersburg society at
this date. These echoes and parallels have been collated carefully by
Tolstoyan scholars, and leave no doubt about the extent of Tolstoy's
borrowing.
Among these parallels there are similarities of a more important
kind. Maistre explains that the victory of the legendary Horatius over
the Curiatii-like all victories in general -was due to the intangible
factor of morale, and Tolstoy similarly speaks of the supreme importance of this unknown quantity in determining the outcome of battlesthe impalpable 'spirit' of troops and their commanders. This emphasis on the imponderable and the incalculable is part and parcel of Maistre's
general irrationalism. More clearly and boldly than anyone before
him Maistre declared that the human intellect was bu� a feeble instrument when pitted against the power of natural forces; that rational explanations of human conduct seldom explained anything. He maintained that only the irrational, precisely because it defied explanation and could therefore not be undermined by the critical activities of reason, was
able to persist and be strong. And he gave as examples such irrational
institutions as hereditary monarchy and marriage, which �urvived
from age to age, while such rational institutions as dective monarchy,
1 S. P. Zhikharev, Z.pisli swrtmtflflila (Moscow, 1934-), vol. 2, pp. 1 1 2-
1 3.
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R U S S IAN T H I N K E R S
o r 'free' personal relationships, swiftly and for no obvious 'reason'
collapsed wherever they were introduced. Maistre conceived of life
as a savage battle at all levels, between plants and animals no less than
individuals and nations, a battle from which no gain was expected,
but which originated in some primal, mysterious, sanguinary, selfimmolatory craving implanted by God. This instinct was far more powerful than the feeble efforts of rational men who tried to achieve
peace and happiness (which was, in any case, not the deepest desire of
the human heart-only of its caricature, the liberal intellect) by planning
the life of society without reckoning with the violent forces which
sooner or later would inevitably cause their puny structures to collapse
like so many houses of cards. Maistre regarded the battlefield as
typical of life in all its aspects, and derided the generals who thought
that they were in fact controlling the movements of their troops and
directing the course of the battle. He dedared that no one in the
actual heat of battle can begin to tell what is going on :
On parle beaucoup de batailles dans le monde sans savoir ce que
c'est; on est surtout assez sujet � les considerer comme des points,
tandis qu'elles couvrent deux ou trois lieues de pays: on vous dit
gravement: Comment ne savez-vous pas ce qui s'est passe dans ce
combat puisque vous y etiez? tandis que c'est precisement le contraire
qu'on polurait dire assez souvent. Celui qui est � Ia droite sait-il ce
qui se passe � Ia gauche? sait-il seulement ce qui se passe � deux pas
de lui? Je me represente aisement une de ces scenes epouvantables:
sur un vaste terrain couvert de tous les apprets du carnage, et qui
semble s'ebranler sous les pas des hommes et des chevaux; au milieu
du feu et des tourbillons de fumee; etourdi, transporte par le
retentissement des armes � feu et des instruments militaires, par des
voix qui commandent, qui hurlent ou qui s'eteignent; environne de
morts, de mourants, de cadavres mutiles; possede tour a tour par
Ia crainte, par !'esperance, par Ia rage, par cinq ou six ivresses
differentes, que devient l'homme? que voit-il? que sait-il au bout
de quelques heures? que peut-il sur lui et sur les autres? Parmi cette
foule de guerriers qui ont combattu tout le jour, il n'y en a souvent
pas un seul, et pas meme le general, qui sache ou est le vainqueur.
II ne tiendnit qu'a moi de vous citer des batailles modernes, des
batailles fameuses dont Ia memoire ne perira jamais, des batailles
qui ont change Ia face des affaires en Europe, et qui n'ont ete
perdues que parce que tel ou tel homme a cru qu'elles l'etaient; de
maniclass="underline" re qu'en supposant toutes les circonstances egales, et pas une
goutte de sang de plus versee de part et d'autre, un autre general
6o
THE H E D G E H O G AND THE FOX
aurait fait chanter le Tt Dtum chez lui, et fore� l'histoire de dire
tout le contraire de ce qu'elle" dira.1
And later:
N'avons-nous pas fini m�me par voir perdre des batailles gagn�es?
. . . Je crois en general que les batailles ne se gagnent ni ne se
perdent point physiquement.1
A nd again, in a similar strain:
De m8me une armee de .f.O,OOO hommes est inf�rieure physiquement t une autre armee de 6o,ooo: mais si Ia premiere a plus de courage, d'experience et de discipline, elle pourra battre Ia seconde;
car elle a plus d'action avec moins de 1Ila.S$C, et c'est ce que nous
voyons t chaque page de l'histoire.3
And finally:
C'est }'opinion qui perd les batailles, et c'est !'opinion qui les
gagne.'
Victory is a moral or psychological, not a physical issue:
qu'est ce qu'une botailk perdue? . . . Cest une botaille qu'on croit
avDir ptrdut. Rien n'est plus vrai. Un homme qui se bat avec un
autre est vaincu lorsqu'il est tu� ou ter�. et que }'autre est debout;
il n'en est pas ainsi de deux arm�: l'une ne peut @tre tuee, tand.is
que }'autre reste en pied. Les forces se balancent ainsi que les mons,
et depuis surtout que }'invention de Ia poudre a mis plus d'�it�
dans les moyens de destruction, une bataille ne se perd plus mat�riellement; c'est-t-dire parce qu'il y a plus de morts d'un cOt� que de
)'autre: aussi Fr�d�ric II, qui s'y entendait un peu, disait: Yainrrt,
c'tst avanctr. Mais que} est celui qui avance? c'est celui dont Ia
conscience et Ia contenance font reculer l'autrc.6
There is and can be no military science, for 'C'est }'imagination qui
perd les bataill�',8 and 'peu de batailles sont perdues physiquement-
1 J. de Maistre, us Soirlts tk Silitrt-Pittrs6Durg {Paris, 196o), entretien 7,
P· :n8.
I ibid., P· 229.
1 ibid., pp. Z:Z.f.·S· The last sentence ia reproduced by Tolltoy almost
verbatim.
' ibid., p. z:z6.
1 ibid., pp. 226-7.
1 ibid., p. 227.