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Dans son agitation, sa main s’était crispée sur son épaule, mais, bien qu’elle lui fît mal, il n’essaya pas de se dégager. Une de ses mains trouva la chair ferme et rebondie de son sein gauche et il se mit à le caresser à travers le chemisier.

— Wendy, dit-il, puis il s’arrêta.

Elle attendit qu’il mît de l’ordre dans ce qu’il voulait lui dire. Elle aimait bien sentir sa main forte sur son sein, c’était une sensation apaisante.

— J’arriverais peut-être à le descendre sur les raquettes. Il pourrait faire un bout du chemin à pied, mais, pendant la plus grande partie du trajet, il faudrait que je le porte. Nous serions obligés de camper dehors une, deux, peut-être même trois nuits, et de construire un traîneau pour porter l’équipement et le couchage. Nous avons toujours le poste récepteur et nous pourrions choisir un jour où la météo prévoit du beau temps pour trois jours. Mais, si la météo se trompait, nous pourrions y rester.

Elle blêmit et son visage prit une pâleur de spectre. Il continua de lui caresser le sein en frottant la pointe avec le bout de son pouce.

Elle gémit doucement — peut-être à cause de ce qu’il venait de dire, peut-être à cause de cette douce caresse sur son sein, elle ne savait pas. La main de Jack remonta vers le premier bouton de son chemisier et le défit. Wendy déplaça un peu ses jambes. Tout à coup, elle eut l’impression que son jean la serrait trop. C’était agaçant, mais pas désagréable.

— Il faudrait te laisser ici parce que tu ne sais pas marcher avec les raquettes. Et tu resterais peut-être trois jours sans aucune nouvelle. Est-ce ça que tu souhaites ?

Sa main descendit vers le deuxième bouton, le défit, exposant le creux de ses seins.

— Non, dit-elle d’une voix un peu brouillée.

Elle jeta un coup d’œil vers Danny. Il ne se tortillait plus et son pouce avait retrouvé sa bouche. Il semblait aller mieux. Non, Jack peignait le tableau trop en noir. Il avait oublié quelque chose, mais quoi ?

— Si nous restons ici, dit Jack, déboutonnant les troisième et quatrième boutons avec la même lenteur délibérée, un forestier du parc national ou un garde-chasse passera bien un jour ou l’autre pour voir si tout va bien. Alors nous n’aurons qu’à lui dire que nous désirons descendre et il fera le nécessaire.

Il fit glisser ses seins nus par l’échancrure du chemisier à demi ouvert et prit entre ses lèvres la pointe de l’un d’eux, droite et dure, sur laquelle il fit aller et venir sa langue, comme elle l’aimait. La caresse lui arracha un gémissement et elle se cambra.

(Nous avons oublié quelque chose.)

— Chéri, demanda-t-elle, écrasant la tête de Jack contre sa poitrine, si bien que sa réponse lui parvint étouffée. Comment le forestier nous fera-t-il descendre ?

Il leva légèrement la tête pour répondre, puis colla sa bouche autour de l’autre pointe.

— Si l’hélicoptère est pris, j’imagine qu’ils viendront nous chercher avec un scooter des neiges.

( !!!)

— Mais nous en avons un ! Ullman l’a dit !

Sa bouche se figea contre son sein, puis il s’assit. Elle avait le teint légèrement congestionné et ses yeux brillaient d’un éclat inhabituel. Jack, lui, paraissait très calme, comme s’il sortait d’une lecture ennuyeuse, et non pas de jeux amoureux avec sa femme.

— Puisqu’il y a un scooter des neiges, il n’y a plus de problème, fit-elle, tout excitée. Nous pourrons redescendre tous les trois ensemble !

— Wendy, je n’ai jamais conduit un scooter des neiges.

— Ça ne doit pas être tellement difficile. Chez nous, dans le Vermont, on voit des gamins de dix ans les conduire dans les champs… sans le consentement de leurs parents. Et autrefois, quand nous nous sommes rencontrés, tu conduisais bien une moto.

C’était vrai ; il avait eu une Honda 350 qu’il avait échangée contre une Saab peu après s’être mis en ménage avec Wendy.

— Oui, je dois y arriver, dit-il lentement. Mais je me demande si ce scooter est en état de marche. Ullman et Watson ne sont là que de mai à octobre et leurs esprits fonctionnent en termes d’été. Ils n’auront sûrement pas songé à y faire mettre de l’essence et il se pourrait qu’il n’ait ni bougies ni batterie. Il ne faut pas trop compter sur ce scooter, Wendy.

S’abandonnant maintenant tout entière au désir, elle se penchait sur lui, les seins roulant hors de son chemisier. Il eut soudain envie d’en saisir un et de le tordre jusqu’à la faire hurler. Ça lui apprendrait peut-être à se taire.

— Il n’y aura pas de problème pour l’essence, dit-elle. Les réservoirs de la Volkswagen et de la camionnette sont tous les deux pleins, de même que celui du générateur de secours au sous-sol. Nous pourrons même emporter une petite réserve dans le jerrycan qui se trouve dans la remise.

— Oui, dit-il. C’est vrai.

En fait, il y avait trois jerrycans dans la remise, un de dix litres et deux de quinze litres.

— Je te parie que les bougies et la batterie s’y trouvent aussi. On les a certainement rangées au même endroit que le scooter, tu ne crois pas ?

— C’est probable, en effet.

Il se mit debout et s’approcha du lit où dormait Danny. Une mèche de cheveux avait glissé sur le front de l’enfant et Jack l’en écarta doucement. Danny ne bougea pas.

— Si tu arrives à le faire marcher, tu nous descendras ? lui demanda-t-elle derrière lui. Le premier jour de beau temps ?

Agité de sentiments contradictoires, il resta un moment sans répondre, à regarder son fils. Danny était, comme l’avait dit Wendy, fragile, vulnérable et les bleus sur son cou étaient tellement visibles. Une vague de tendresse pour son fils l’envahit, le décidant à agir.

— Oui, répondit-il. Je vais le mettre en état de marche et nous partirons d’ici dès que nous le pourrons.

— Dieu soit loué !

Il se retourna. Elle avait enlevé son chemisier et s’était renversée sur le lit, offrant son ventre plat et ses seins dardés. Elle les caressait nonchalamment, effleurant leur pointe de ses doigts.

— Allons, messieurs, dit-elle doucement, dépêchez-vous.

Après, dans la pénombre de la chambre, éclairée seulement par la lampe de chevet que Danny avait apportée avec lui, elle se sentit délicieusement apaisée. Elle eut du mal à croire qu’ils partageaient l’Overlook avec un dangereux criminel.

— Jack ?

— Hummm ?

— Qu’est-ce qui est arrivé à Danny ?

Il ne répondit pas directement à sa question.

— C’est vrai qu’il possède un don qui ne doit pas être accordé à beaucoup de monde — que moi je n’ai pas, en tout cas. Il se peut aussi que l’Overlook ne soit pas un hôtel comme les autres.

— Tu veux dire que c’est un hôtel hanté ?

— Je ne sais pas. En tout cas, s’il y a des fantômes, ce ne sont pas ceux d’Algernon Blackwood. L’Overlook serait plutôt hanté par le résidu psychique laissé par ceux qui ont séjourné ici et par leurs actes, bons ou mauvais. On peut dire, j’imagine, que tous les hôtels sont « hantés » en ce sens-là, et tout particulièrement les vieux hôtels.

— Mais le cadavre d’une femme dans une baignoire… Jack, il ne devient pas fou, au moins ?

Il la serra dans ses bras.

— Nous savons que de temps en temps il a ce que j’appellerais, faute d’un autre mot, des transes. Quand il est en transe, il voit… des choses qu’il ne comprend pas. Peut-être que Danny a vraiment vu du sang sur les murs de la suite présidentielle. Pour un gosse de son âge, le sang et la mort sont des choses quasiment interchangeables. Chez les enfants, de toute façon, les facultés visuelles sont plus développées que les facultés conceptuelles. William Carlos Williams le savait bien, lui qui était pédiatre. Ce n’est que quand nous devenons adultes que nous apprenons à nous servir des concepts, laissant les images aux poètes… Mais je divague.