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Surprenante cette lecture de Moscou en guerre, telle que le récit « Les fenêtres » nous la révèle : Krzyzanowski s’amuse à établir une typologie et une caractérologie des habitants de la capitale à leur façon de protéger et recouvrir les fenêtres. Il individualise un réflexe collectif. Il rappelle l’existence de l’individu et de sa personnalité dans l’effort commun. Il va chercher la personne au sein de l’élan social.

Chaque récit porte une distance sociale et une liberté éthique que l’écriture, l’angle de description choisi, l’esthétique d’une légère mais obstinée déviance du réalisme, le caractère de tel et tel individu représenté, manifestent.

Sigismund Krzyzanowski vécut et mourut en désaccord avec son temps. Nul ne se souvient où il fut enterré le 1er janvier 1951. Mais nous n’avons plus le droit d’oublier son œuvre aujourd’hui exhumée.

Christian Mouze,

La Quinzaine littéraire,

31 octobre 1996

Notes

X. Ceci est la note-test. Le premier mot précédent le chiffre ne comportant que 4 lettres, donc deux mots sont saisis. Dans cet exemple, l'appel est mis en gras exceptionnellement. Un doigt sur n'importe quelle partie du texte de la note renvoie directement au texte.

1. Comité central du parti communiste russe des bolcheviks.

2. Il s’agit de la maison de Gogol.

3. Jeu de mots : l’auteur divise le nom de la rivière en ia (je) et ouzy (liens).

4. Zatsepski val.

5. Chtchipok.

6. Titre d’un recueil du poète Sergueï Essenine (1924).

7. Il s’agit de la revue imaginiste L ’Auberge des voyageurs à travers le Beau.

8. Le Trust DE ou La fin de l’Europe, roman d’Ilia Ehrenbourg, 1923.

9. Vers de Pouchkine très célèbres, extraits du Cavalier de bronze, évoquant Pierre le Grand, fondateur de la ville de Saint-Pétersbourg.

10. Il s’agit de la statue de Gogol qui se trouvait à l’époque place de l’Arbat.

11. Allusion au roman satirique de Saltykov-Chtchédrine, Le Vieux Pochékhon.

12. Allusion probable à la quarantaine de grands incendies qui ont dévasté Moscou, ainsi qu’au fait que Moscou était la ville aux quarante fois quarante églises.

13. Nikolaï Stankévitch (1813-1840) : poète et philosophe russe.

14. Le Pays des Néants, nouvelle de S. Krzyzanowski datant de 1922.

15. Partie supérieure d’une maison, assignée aux femmes, et qui offrait lui-même l’apparence d’une maisonnette.

16. Victor Dolidzé : compositeur et connaissance de Krzyzanowski.

17. Au 21, rue Khamovniki se trouve la maison de Léon Tolstoï.

18. En français dans le texte.

19. Dolgui pereoulok.

20. TSIT : sigle de l’institut central du travail.

21. Sigle de l’Union moscovite des entreprises industrielles pour la transformation des denrées agricoles. Le nom de cette organisation devint celui de son magasin principal, de ses succursales, d’une chaîne de cantines et de certains produits d’épicerie générale.

22. Brigade Antiaérienne.

23. Jeu de mots fondé sur l’homonymie de ces deux archaïsmes en russe.

24. Ainsi désignait-on les prisonniers ennemis dont on espérait obtenir des renseignements militaires.

25. La Gazette littéraire, organe de l’Union des écrivains soviétiques. La scène se passe au restaurant de l’Union.

26. .S V: sans viande.

27. Nom typique de la jeune fille triste dans les contes folkloriques russes ; l’auteur évoque ici la célèbre représentation de cette figure par le peintre Victor Vasnetsov.

28. Nom du train Moscou-Gorki.

29. Il s’agit en fait d’Okhotny riad, littéralement « la rangée des chasseurs », car on y vendait auparavant du gibier. L’auteur joue sur une étymologie commune avec le mot désir.

30. Les noms des combattants décorés à titre posthume figuraient sur des listes signées par Staline.

31. Littéralement : « je porte avec moi ».

32. Vers du poète Vassili Joukovski.

33. Personnage des Âmes mortes de Gogol.

DU MÊME AUTEUR

dans la même collection

Le Marque-page, traduit par Catherine Perrel et Eléna Rolland-Maïski, 1991.

Le Club des tueurs de lettres, traduit par Claude Secharel, 1993.

Estampillé Moscou, traduit par Eléna Maïski avec la collaboration de Catherine Perrel, 1996.

Le Thème étranger, traduit par Zoé Andreyev et Catherine Perrel, 1999.

Le Retour de Münchhausen, traduit par Anne Coldefy-Faucard, 2002.

Souvenirs du futur, traduit par Anne-Marie Tatsis-Botton, 2010.

Fantôme, traduit du russe par Luba Jurgenson, préfacé par Catherine Perrel, 2012.

Rue involontaire, traduit et préfacé par Catherine Perrel, 2014.