Выбрать главу

Il prit un petit cigare, une bouteille de scotch, trempa le cigare dans la bouteille en le tenant par un bout puis le ressortit, le mit dans sa bouche et alluma le bout sec. Il aspira la fumée, puis le tendit à Malko.

— Tiens ! Avec ça, tu es stone en moins de deux.

Malko ne pouvait refuser. Le mélange de fumée de tabac et de vapeur d’alcool était étonnant. Il le rendit à Jambo qui se laissa aller en arrière, la tête sur les cuisses d’Eleonore. L’Asiatique tirait aussi sur un chilom. À cause de la fraîcheur relative, tout le monde était plus ou moins rhabillé, mais cela ne dépassait pas le blue-jeans pour les mâles et des robes légères pour les femelles.

Malko cherchait comment il allait en savoir plus. Il avait espéré que Jambo se laisserait aller après son haschisch mais il tétait son chilom comme du petit-lait. Des hurlements saluèrent la pleine lune qui s’élevait au-dessus de la cocoteraie. Lâchant son cigare, Jambo posa la main sur les seins d’Eleonore. Elle jeta à Malko un regard trouble. S’enhardissant, Jambo venait de passer l’autre main sous le vêtement et lui pétrissait la poitrine à pleines mains, grognant :

— Man, oh, man, c’est bon !

La pudibonde Eleonore s’était métamorphosée. Malko ignorait si c’était la pleine lune ou le haschich que Jambo lui faisait fumer sans arrêt. Mais elle ne semblait pas choquée des avances précises de son partenaire.

Malko se dit qu’il avait été bien bête, la veille à l’hôtel. À moins qu’Eleonore ne veuille pas se refuser à un frère de race.

L’Asiatique contemplait ces débordements d’un œil bovin. À Ajuna Beach, il était interdit d’être jaloux.

Les flammes du feu vacillaient. La drogue s’épuisait aussi. Les couples commençaient à rentrer dans leurs cabanes. Les Hollandais s’étaient endormis l’un sur l’autre. La fille bourrée de LSD se faisait trousser debout contre un cocotier ; sans cesser de tenir des propos décousus.

Jambo s’arracha des cuisses d’Eleonore puis se rallongea, l’entraînant avec lui. Eleonore et lui étaient maintenant couchés l’un contre l’autre sur le côté. Avec une totale impudence, les mains de Jambo exploraient le corps de la Noire. Soudain, il la fit basculer sur le dos et se retrouva sur elle.

Eleonore poussa un cri étouffé et lui échappa comme une anguille. Malko entendit un chuchotement hâtif, vit Jambo se lever, prendre Eleonore par la main et s’éloigner avec elle dans l’obscurité, vers la cocoteraie. Il calma la jalousie qui lui picotait l’estomac en se disant qu’elle ne faisait que son devoir de barbouze consciencieuse. À moins que le haschisch et l’alcool aidant, elle ait tout simplement envie de faire l’amour avec le Noir.

Il n’eut pas le temps de se poser de questions. Une méduse parfumée et insistante se glissa contre lui. Il sentit une bouche contre la sienne, puis une langue molle qui cherchait à forcer ses dents.

L’Asiatique se réveillait !

Saoule de haschisch, rampant vers lui comme une aveugle, elle se collait contre lui, bien décidée à se payer une compensation.

Son corps fluet de garçonnet le recouvrit, se tortillant contre lui. Elle infectait le haschisch et l’alcool. Sa main partit vers le blue-jeans de Malko, elle murmura en anglais :

— Sock it to me ! Sock it to me[13]. Son accent haché pouvait très bien être japonais. Malko ne voulut pas la brusquer mais décida de jouer les drogués sans réaction devant l’agression, grognant, et détournant la tête. Mais l’Asiatique n’était pas décidée à se laisser priver de dessert. Avec une habileté digne d’une meilleure cause, elle se laissa glisser, arracha presque la fermeture Éclair de son blue-jeans, le couvrit de sa bouche molle et avide. Il essaya de se dégager, mais elle s’était à demi couchée sur lui et se conduisait comme un derrick patient et régulier arrachant le pétrole à la terre. Malko eut beau essayer de se vider l’esprit, l’Asiatique parvint partiellement à ses fins.

Aussitôt, avec un grognement bovin, elle s’assit à califourchon sur lui et s’empala habilement. Il eut un sursaut de recul mais sa partenaire, au bord du plaisir, s’agrippa si bien à lui qu’il dut s’épancher dans son corps de garçonnet.

Puis elle bascula de côté, tomba sur le sable et resta là comme une méduse abandonnée par la marée. Ivre de haschisch et de sexe.

Seul un dernier carré de hippies continuait la party. Malko ignorait si l’Asiatique se souviendrait de leur étreinte le lendemain. De nouveau, il pensa à Eleonore. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils étaient au contact de leurs adversaires…

Eleonore baissa la tête pour entrer dans la petite cabane, le souffle chaud de Jambo sur sa nuque. Aussitôt à l’intérieur, il la plaqua contre lui, le ventre en avant. Elle ne put s’empêcher de ressentir un certain trouble devant le désir primitif, sans retenue. La cabane sentait les légumes, la chaleur et le poisson. La lumière de la lune filtrait à travers les feuilles de la toiture.

Jambo la poussa en avant, et elle dut s’allonger sur une natte, heurtant un tas d’ustensiles empilés dans un coin.

— Laissez-moi, murmura-t-elle, je ne veux pas.

Sans répondre, Jambo se laissa tomber à genoux devant elle, lui écarta brutalement les genoux et plongea sa tête entre ses cuisses. Ses dents trouvèrent le nylon de son slip et le déchirèrent d’un coup ! Puis il se releva et cracha le morceau de tissu avec un rire dément.

— Hé, Sister ! fit-il, tu vas aimer cela.

Incroyablement troublée, Eleonore cessa de lutter, regarda Jambo farfouiller, craquer un briquet, allumer plusieurs bâtonnets d’encens. L’odeur entêtante acheva de faire tourner la fête à la Noire.

Très calme, le Noir défit son pagne, s’allongea sur la natte. Il enfonça ses doigts dans ses cheveux et la fit pivoter, sur place, de façon à ce qu’elle se trouve face à son ventre.

Puis il la força à courber la tête. Eleonore n’avait jamais vu un organe aussi impressionnant, même dans le ghetto de Détroit quand les voyous s’amusaient à faire des exhibitions à la sortie de son école. Elle eut un dernier sursaut.

— Mon ami ! dit-elle, il va être furieux.

Jambo ricana :

— Il a Chino-Bu.

Le nom frappa l’oreille d’Eleonore Ricord comme un coup de tonnerre. Ainsi, ils avaient bien trouvé ceux qu’ils cherchaient.

Jambo, abandonnant sa première idée, la renversa sur le dos, entra brutalement en elle. Avec horreur, elle s’aperçut que son corps l’accueillait avec joie. On aurait dit un énorme piston de locomotive. Elle oublia la CIA, Malko, les armes, tandis qu’il la martelait, s’entendit crier.

Quand les spasmes de ses reins se furent calmés, il retomba près d’elle, la força à le caresser.

Puis il la reprit, la meurtrissant contre le dur sol de terre battue. Il était inépuisable, comme s’il n’avait pas fait l’amour pendant des mois. Eleonore avait l’impression que les heures s’écoulaient sans qu’il s’arrête. Son ventre n’était plus qu’une boule de feu et de plaisir. Elle ne savait plus combien de fois elle avait hurlé.

Cela mijotait en elle à petit feu, tandis qu’il massait doucement ses muqueuses internes, puis, il se déchaînait et cela bouillait d’un coup, cela débordait de toute part. Elle arquait son corps, parvenant même à soulever la masse musculeuse qui l’écrasait.

Jambo parut assouvi. Il s’étendit sur le dos, à côté d’elle.

— D’où tu viens ? demanda-t-il.

— Des USA, de Détroit.

Elle avait préparé ses réponses.

— Qu’est-ce que tu fais là-bas ?

— Je donne des leçons de yoga. Je suis venue en Inde pour apprendre des trucs.

вернуться

13

Mets-le-moi.