Выбрать главу

LE DÉMON

ET MADEMOISELLE PRYM

Paulo Cœlho

LE DÉMON

 

ET MADEMOISELLE PRYM

Traduit du portugais (Brésil) par Jacques Thiériot

Editions Anne Carrière

Du même auteur chez le même éditeur :

L’Alchimiste, traduction de Jean Orecchioni, 1994.

L’Alchimiste, traduction de Jean Orecchioni, édition illustrée par Mœbius, 1995.

Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j’ai pleuré, traduction de Jean Orecchioni, 1995.

Le Pèlerin de Compostelle, traduction de Françoise Marchand       – Sauvagnargues, 1996.

Le Pèlerin de Compostelle, traduction de Françoise Marchand       – Sauvagnargues, édition illustrée de tableaux de Cristina Oiticica et de photos d’Yves Dejardin, 1996.

La Cinquième Montagne, traduction de Françoise Marchand       – Sauvagnargues, 1998.

Manuel du guerrier de la lumière, traduction de Françoise Marchand-Sauvagnargues, 1998.

Veronika décide de mourir, traduction de Françoise Marchand       – Sauvagnargues, 2000.

Paulo Cœlho : http ://www paulocœlho com br

Titre original : 0 Demonio e a Srta. Prym Cette édition est publiée avec l’accord de Sant Jordi Asociados, Barcelone, Espagne

ISBN : 2-84337-143-0

© 2000 by Paulo Cœlho (tous droits réservés) © Editions Anne Carrière, Paris, 2001, pour la tradution en langue française www anne-carriere fr

Table des matières

Le Démon et Melle Prym

Note de l’auteur       8

1       11

2       14

3       25

4       28

5       40

6       53

7       55

8       65

9       73

10       79

11       88

12       93

13       104

14       107

15       110

16       116

17       118

18       124

19       132

20       137

21       139

22       143

23       145

24       154

25       156

Un notable demanda à Jésus :

« Bon maître, que dois-je faire

pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Jésus lui répondit :

« Pourquoi m’appelles-tu bon ?

Nul n’est bon que Dieu seul. »

Luc, 18,18-19

Note de l’auteur

La première histoire à propos de la Division naît dans l’ancienne Perse : le dieu du temps, après avoir créé l’univers, prend conscience de l’harmonie qui l’entoure, mais sent qu’il manque quelque chose d’important – une compagnie avec laquelle jouir de toute cette beauté.

Durant mille ans, il prie afin d’avoir un fils. L’histoire ne dit pas qui il implore, étant donné qu’il est tout-puissant, seigneur unique et suprême. Néanmoins il prie et finit par concevoir.

À l’instant même où il perçoit qu’il a obtenu ce qu’il souhaitait, le dieu du temps regrette d’avoir voulu un fils, conscient que l’équilibre des choses est très fragile. Mais il est trop tard. À force de supplications, il obtient cependant que le fils qu’il porte dans son ventre se scinde en deux.

La légende raconte que, de même que de la prière du dieu du temps naît le Bien (Ormuzd), de son repentir naît le Mal (Ahriman) – frères jumeaux.

Préoccupé, il fait en sorte qu’Ormuzd sorte le premier de son ventre, pour maîtriser son frère et éviter qu’Ahriman ne provoque des dégâts dans l’univers. Toutefois, comme le Mal est rusé et habile, il parvient à repousser Ormuzd au moment de l’accouchement et il voit le premier la lumière des étoiles.

Dépité, le dieu du temps décide de fournir des alliés à Ormuzd : il fait naître la race humaine qui luttera avec lui pour dominer Ahriman et empêcher que celui-ci ne s’empare de tout.

Dans la légende persane, la race humaine naît comme l’alliée du Bien et, selon la tradition, elle finira par vaincre. Une autre histoire de la Division, cependant, surgit des siècles et des siècles plus tard, cette fois avec une version opposée : l’homme comme instrument du Mal.

Je pense que la majorité de mes lecteurs sait de quoi je parle : un homme et une femme vivent dans le jardin du paradis, savourant toutes les délices qu’on puisse imaginer. Une seule chose leur est interdite – le couple ne peut pas connaître ce que signifient Bien et Mal. Le Seigneur tout-puissant dit (Genèse, 2,17) : « De l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas. »

Et un beau jour surgit le serpent qui leur garantit que cette connaissance est plus importante que le paradis et qu’ils doivent l’acquérir. La femme refuse, en disant que Dieu l’a menacée de mort, mais le serpent l’assure que rien de tel ne lui arrivera, bien au contraire : le jour où leurs yeux s’ouvriront, ils seront comme des dieux qui connaissent le bien et le mal.

Convaincue, Ève mange le fruit défendu et en donne un morceau à Adam. À partir de ce moment, l’équilibre originel du paradis est rompu et le couple est chassé et maudit. Mais Dieu alors prononce une phrase énigmatique : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! »

Dans ce cas également (comme dans celui du dieu du temps qui prie pour demander quelque chose alors qu’il est le seigneur absolu), la Bible n’explique pas à qui Dieu s’adresse, ni – s’il est unique – pourquoi il dit « l’un de nous ».

Quoi qu’il en soit, depuis ses origines la race humaine est condamnée à se mouvoir dans l’éternelle Division entre les deux opposés. Et nous nous retrouvons ici et maintenant avec les mêmes doutes que nos ancêtres. Ce livre a pour objectif d’aborder ce thème en utilisant, à certains moments de son intrigue, des légendes qui l’illustrent.

Avec Le Démon et mademoiselle Prym, je conclus la trilogie « Et le septième jour… », dont font partie Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j’ai pleuré (1995) et Veronika décide de mourir (2000). Ces trois livres évoquent ce qui arrive en une semaine à des personnes ordinaires, soudain confrontées à l’amour, à la mort et au pouvoir. J’ai toujours cru que les profonds changements, tant chez l’être humain que dans la société, s’opèrent dans des laps de temps très courts. C’est au moment où nous nous y attendons le moins que la vie nous propose un défi destiné à tester notre courage et notre volonté de changement ; alors, il est inutile de feindre que rien n’arrive ou de se défiler en disant que nous ne sommes pas encore prêts.