Выбрать главу

Les Hébreux le comprirent dès l'Antiquité et c'est pourquoi la Bible est un livre scientifique présenté sous forme de contes codés. En donnant une valeur numérique aux premières lettres des phrases, le lecteur découvre un premier sens caché.

En donnant une valeur numérique aux lettres des mots, il découvre des formules et des associations qui n'ont plus rien à voir avec les légendes ou la religion.

Contrariété

Lorsque l'homme est contrarié, a peur, est heureux ou en rage, ses glandes endocrines produisent des hormones qui n'influent que sur son propre corps. Elles tournent en vase clos. Son cœur va accélérer, il va transpirer, ou grimacer, ou crier, ou pleurer. Ce sera son affaire. Les autres le regarderont sans compatir, ou en compatissant parce que leur intellect en aura décidé ainsi.

Lorsque la fourmi a peur, est heureuse ou en rage, ses hormones cir culent dans son corps, sortent de son corps et pénètrent dans le corps des autres. Grâce aux phé-rormones, ou phéromones, ce sont des millions de personnes qui vont crier et pleurer en même temps. Ce doit être une sensation incroyable de ressentir les choses vécues par les autres et de leur faire ressentir tout ce que l'on ressent soi-même…

Culte des morts

Le premier élément définissant à proprement parler une civilisation «pensante» est le culte des morts.

Tant que les hommes jetaient leurs cadavres avec leurs immondices, ils étaient des bêtes. Le jour où ils ont commencé à les mettre sous terre ou à les brûler, quelque chose d'irréversible venait de se produire. Soigner ses morts, c'est envisager une vie dans l'au-delà, donc un monde virtuel à côté du monde réel. Soigner ses morts, c'est envisager la vie comme un passage entre deux dimensions. C'est du culte des morts qu'ont découlé tous les comportements religieux.

Le premier culte humain des morts est recensé au paléolithique moyen, il y a de cela 70 000 ans. A cette époque, certaines tribus d'hommes ensevelissaient leurs cadavres dans des fosses de 1,40 m * 1 m * 0,30 m.

Les membres de la tribu déposaient à côté du corps du défunt des morceaux de viande, des objets en silex et les crânes des animaux qu'il avait chassés. Il semble qu'à cette époque, les funérailles s'accompagnaient d'un repas pris en commun par l'ensemble de la tribu.

Chez les fourmis, on a repéré quelques espèces, notamment en Indonésie, qui continuent de nourrir leur reine défunte plusieurs jours après son décès. Ce comportement est d'autant plus surprenant que les odeurs d'acide oléique dégagées par la morte ont bien signalé à tous son état.

D

Dauphin

Le dauphin est un animal énigmatique. C'est l'un des mammifères possédant le plus gros volume cérébral par rapport à sa taille. Alors que le cerveau du chimpanzé pèse en moyenne 375 g et que celui de l'homme pèse 1 450 g, celui du dauphin pèse… 1 700 g. Avec un tel cerveau, il est certain que le dauphin a de très grandes capacités à comprendre les symboles et à fabriquer un langage. Pourtant, en dehors de leur formidable aptitude à jouer aux jeux humains et aux acrobaties de cirque type Marineland, on dirait que leur intelligence ne leur sert à rien. Est-ce certain? Le dauphin est un cétacé, c'est-à-dire un mammifère marin. Comme nous, il respire de l'air, les femelles allaitent leurs petits et accouchent sans pondre d'œufs. Ils sont mammifères car jadis ils ont vécu sur terre. Oui, vous avez bien lu: jadis les dauphins avaient des pattes et marchaient et couraient sur le sol. Ils devaient ressembler à des crocodiles ou à des phoques. Ils ont vécu sur terre et puis un jour, pour des raisons inconnues, on dirait qu'ils en ont eu marre, ils sont revenus dans l'eau. Ils venaient comme nous de l'eau, ils s'étaient adaptés à la terre et puis hop, demi-tour, ils ont considéré que l'eau, c'était finalement mieux. On peut aisément imaginer ce que les dauphins seraient devenus de nos jours s'ils étaient restés sur la croûte terrestre avec leur gros cerveau de 1,7 kg. Des concurrents. Ou plus probablement des précurseurs. Pourquoi l'eau? L'eau a certes des avantages que n'a pas le milieu terrestre. On peut s'y mouvoir dans trois dimensions alors que, sur terre, nous sommes collés au sol. Dans l'eau, il n'y a pas besoin de vêtements, il n'y a pas besoin de maison, il n'y a pas besoin de chauffage. La nourriture est abondante, s'approcher d'un banc de sardines, c'est comme aller au supermarché, si ce n'est que c'est gratuit. En examinant le squelette du dauphin, on peut vérifier que ses nageoires contiennent encore l'ossature des mains aux longs doigts, derniers vestiges de sa vie terrestre. C'est peut-être sur ce détail que tout s'est joué. Ses mains s'étant transformées en nageoires, le dauphin pouvait certes se mouvoir à grande vitesse dans l'eau, mais il ne pouvait plus fabriquer d'outils. C'est peut-être parce que nous étions très mal adaptés à notre milieu que nous avons inventé tout ce délire d'objets qui complètent nos possibilités organiques. Le dauphin, étant heureux dans l'eau, n'avait besoin ni de voiture ni de télévision, de fusil ou d'ordinateur. Il semble par contre que les dauphins ont bel et bien développé un langage qui leur est propre. C'est un système de communication acoustique s'étendant sur un très large spectre sonore. La parole humaine s'étend des fréquences de 100 à 5 000 hertz. La parole dauphin couvre la plage de 3 000 à 120 000 hertz. Cela permet évidemment beaucoup de nuances! Selon le docteur John Lilly, directeur du laboratoire de recherche sur la communication de Nazareth Bay, les dauphins semblent depuis longtemps désireux de communiquer avec nous. Ils approchent spontanément des gens sur les plages et des bateaux et sautent, bougent, sifflent comme s'ils voulaient nous faire comprendre quelque chose. «Ils semblent même parfois agacés lorsqu'on ne les comprend pas», remarque-t-il. Ce comportement «pédagogue» à notre égard est unique dans tout le monde animal.

Destin des mères

Quoi de plus beau et de plus terrible que le destin d'une princesse fourmi? En été, les lendemains de jour d'orage, la fête de l'envol nuptial commence.

Mâles et femelles, les seuls individus ailés de la cité, se réunissent à l'heure la plus chaude au sommet de la ville.

Les femelles décollent en premier, rapidement suivies par les mâles de taille beaucoup plus réduite.

C'est alors la grande orgie. Chaque femelle se fait ensemencer par un, deux, dix, vingt mâles.

Ceux-ci connaissent une telle extase qu'ils en meurent de plaisir. Chez certaines espèces tropicales, les mâles explosent physiquement au moment de l'éjaculation. On retrouve des débris de leurs corps sur un vaste périmètre.

Mais avant cet instant de pâmoison, les couples enlacés planent en plein ciel quelques minutes. C'est l'amour en trois dimensions. Lorsque la femelle a sa spermathèque pleine, il lui faut dès lors fonder une cité. En un jour, elle a emmagasiné suffisamment de sperme pour pondre quotidiennement pendant 15 ans.

Elle cherche alors un lieu propice pour atterrir et fonder sa cité. En général, elle est tellement enivrée par ses orgasmes à répétition qu'elle contrôle très mal sa trajectoire. C'est une aubaine pour les oiseaux qui dévorent à pleines becquées celles qui passent à leur portée. Les pare-brise des voitures les aspirent. Les toiles d'araignées les emprisonnent.

Les quelques survivantes qui arrivent à franchir tous ces obstacles et à toucher le sol sont dévorées par les fourmilions, les lézards, les chauves-souris, les grenouilles, les tortues, les hérissons.